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Plate 30 "Pride in one's lineage"
Moriae Encomium Illustrated by Hans Holbein the Younger
Holbein's illustration shown in Plate 30 from Moriae Encomium is associated with the following text drawn from John Wilson's 1668 translation:
And though I am in haste, yet I cannot yet pass by them who, though they differ nothing from the meanest cobbler, yet 'tis scarcely credible how they flatter themselves with the empty title of nobility. One derives his pedigree from Aeneas, another from Brutus, a third from the star by the tail of Ursa Major. They show you on every side the statues and pictures of their ancestors; run over their great-grandfathers and the great-great-grandfathers of both lines, and the ancient matches of their families, when themselves yet are but once removed from a statue, if not worse than those trifles they boast of. And yet by means of this pleasant self-love they live a happy life. Nor are they less fools who admire these beasts as if they were gods.
The associated French text from L'Eloge de la Folie (1728) follows:
Quoique mon suject ne soit que trop fécond, quoique je sois obligée de couler legerment sur ma matiere, je ne passerai pas néanmoins sous silence ces grands Estimateurs, ces fiers Appréciations de la Noblesse. On en voit très souvent qui, avec une ame de boue, avec des inclinations de la derniere canaille, vous étourdissent à force de repéter, je suis Gentilhomme. Faut-il prouver l'ancienneté de sa race? L'un se fait descendre du pieux Enée; l'autre remonte jusqu'au roi Artus. Ils vour étalent les portraits & les figures de leurs Ancêstres: toujours sur les Ayeuls, sur les Basayeuls, toujours sur les Lignes directes & collaterales de leur Arbre Généalogique, citant à tout moment les nomas & les surnoms usez de leurs Peres, pourris depuis plusieurs siecles. Examinez bien cet homme-là, avec ses Titres enfumez, rongez, déchirez; il est lui-même comme une idole, & ne vaut gueres mieux que ces figures dont il fait tant de parade. Ce Fat ne laisse pas d'avoir une haute idée de sa personne; & toujours rempli du souvenir stérile de sa naissance, il se repait de cette chimere, il vit contant. Ce qui contribue aussi à lui faire aimer son beau Fantôme, c'est qu'il trouve des gens aussi sots que lui, qui respectent ce genre de bêtes, ces Nobles sans mérite, comme s'il étoient des Dieux.
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